Le grand moment du petit sapin
Au cœur de la forêt, où l'air était vif et embaumait le pin, poussait un petit sapin. Il avait trouvé un endroit charmant. Le soleil le réchauffait, la brise caressait ses branches et les oiseaux lui chantaient. Mais le petit sapin n'était pas heureux. Il était pressé.
« Ah, si seulement j'étais aussi grand que les autres ! » soupira-t-il en contemplant les pins géants qui l'entouraient. « Alors je pourrais déployer mes branches et voir le monde. »
Chaque hiver, les bûcherons venaient et abattaient les plus grands arbres. « Où vont-ils ? » demanda le Petit Sapin aux moineaux.
« Nous les avons vus ! » gazouillèrent les oiseaux. « Nous avons regardé par les fenêtres des maisons chaudes. Ils sont plantés au milieu de la pièce et décorés de pommes dorées, de pain d'épice et de centaines de lumières ! »
Le petit sapin tremblait d'excitation. « Je veux être un sapin de Noël ! »
L'Élu
Un matin de décembre enneigé, une famille traversait la forêt. Deux enfants couraient devant, les joues rouges de froid. Ils s'arrêtèrent juste devant le Petit Sapin.
« Celui-ci ! » s'écria la petite fille. « Il est parfait. Ce n'est pas le plus grand, mais c'est le plus beau. »
Le petit sapin gonfla sa poitrine. Enfin !
On le déterra délicatement et on le porta dans une maison. Il y faisait plus chaud qu'il ne l'aurait imaginé. On le déposa dans un grand pot au centre du salon. Alors, la magie opéra. La famille ne le recouvrit pas de neige ; elle le recouvrit de beauté.
Ils avaient accroché des boules qui scintillaient comme des gouttes de pluie figées. Ils avaient drapé des guirlandes argentées sur ses branches, telles des toiles d'araignée faites de clair de lune. Et tout en haut, le père souleva la petite fille pour y déposer une étoile d'or brillante.
La magie de la veille de Noël
La nuit tomba et les bougies s'allumèrent sur le sapin. Le petit sapin ressentit une lueur qu'il n'avait jamais connue dans la forêt. Les portes s'ouvrirent et les enfants se précipitèrent à l'intérieur, les yeux écarquillés d'émerveillement.
« Oh, regardez l'arbre ! » murmurèrent-ils.
Ils dansaient autour de lui, chantant des chants de Noël et ouvrant des cadeaux. Le Petit Sapin observait leurs visages radieux et comprit quelque chose d'important. Dans la forêt, il avait toujours rêvé d'être plus grand, d'être ailleurs. Mais à cet instant précis, dans cette pièce chaleureuse, apportant de la joie à cette famille, il était exactement là où il devait être.
Il se tenait plus grand qu'il ne l'avait jamais été dans les bois, non pas parce qu'il avait grandi, mais parce qu'il était fier.
Un souvenir heureux
Quand les bougies s'éteignirent et que le silence retomba dans la maison, le Petit Sapin ne se sentit pas seul. Il se sentit empli de lumière. Il savait que même si la saison touchait à sa fin, il se souviendrait toujours de cette nuit où il avait été la vedette du spectacle.
Dehors, le vent murmurait à travers les vitres, promettant le retour du printemps, mais pour l'instant, c'était Noël, et tout était parfait.